Du « repos de l’atome » au charbon : la transition énergétique en Allemagne déraille

nucléaire

Sous le titre « Le repos de l’atome » (Le Temps du 12 juin 2015), M. Bernard Wuthrich a présenté la future déconstruction des centrales nucléaires en Allemagne. Pourtant, en préambule, il a brossé un tableau irréaliste du mix électrique du pays.

En effet on y lit ceci : la « part du charbon est passée de 25 à 26% entre 2011 et 2014 » ; comme celle des sources renouvelables est passée de 20 à 26%, cela fait croire à une égalité. Malheureusement l’auteur omet de dire qu’à cette production croissante d’électricité basée sur le lignite s’ajoutent 18% dus à l’anthracite, 9,5% au mazout et 1% au gaz, soit un total d’agents fossiles de 54,5% dans la production d’électricité allemande en 2014. C’est en fait plus du double de la part des sources renouvelables ! Précisons que ce petit 1% d’accroissement du lignite entre 2011 et 2014 représente exactement 6 TWh d’électricité, soit deux fois la production annuelle de la centrale nucléaire de Mühleberg.

En Suisse, l’hydroélectricité correspond à 56,5% et les autres sources renouvelables à près de 3,5% de notre production nationale. Notre pays n’a de loin pas à rougir de son bilan, bien au contraire, et surtout il ne doit pas imiter ce contre-exemple allemand. L’auteur n’a pas rappelé non plus que, du fait de cet usage intensif des agents fossiles, l’Allemagne a émis 800 millions de tonnes de CO2 (tCO2) en 2014, soit 10 tCO2 par habitant. La Suisse, avec ses 39 millions de tCO2, arrive à la moitié, soit 4,8 tCO2 par habitant. Le ministre allemand de l’Économie et de lʼÉnergie, Sigmar Gabriel, l’a reconnu clairement le 25 novembre 2014 : « Wir müssen endlich mal Schluss machen mit den Illusionen in der deutschen Energiepolitik : Man kann nicht zeitgleich aus der Atomenergie und der Kohleverstromung aussteigen. − Dans la politique énergétique allemande nous devons en finir avec les illusions : on ne peut pas simultanément sortir de l’énergie nucléaire et de l’électrification au charbon ». Il a même ajouté sans hésiter : « La transition énergétique allemande est au bord de l’échec ». À bon entendeur !

 

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