L’indispensable mais détestée énergie nucléaire

Si l’axe du Mal devait avoir un volet énergétique, le nucléaire serait à n’en pas douter l’ennemi public numéro 1. À vrai dire, il l’est déjà pour les quelques membres qui restent au sein d’Europe Écologie – Les Verts (EELV) et dont la seule « pensée » en matière d’écologie est la fermeture pure et simple de toutes les centrales françaises. Un programme qui priverait le pays de 80% de ses besoins électriques. Et ce ne sont pas les énergies renouvelables qui pourront prendre le relai.

En cette année 2015 qui verra la tenue de la COP21 à Paris, la France veut se parer de ses plus beaux atours pour montrer à la face du Monde qu’elle est l’un des leaders incontestés de la lutte contre le réchauffement climatique. À cette fin, le gouvernement a réussi, au bout de trois longues années, à faire voter une loi sur la « transition énergétique », un texte inégal dont l’objectif est de rationaliser la consommation d’énergie et de recourir le plus possible à des énergies non émettrices de CO2. À y regarder de plus près, le défi est un peu surprenant dans la mesure où le nucléaire, source non polluante quoi qu’en dise EELV, fournit déjà près de 80% de l’électricité consommée à l’échelle nationale. Encore mieux, 90% de l’électricité produite en France n’émet pas de CO2. Pour s’attaquer aux 10% restants, la « majorité de gauche » s’en prend au nucléaire. « Logique, quand tu nous tiens… ».

La politique énergétique se doit d’être rationnelle. Rappelons qu’aucune centrale n’a explosé depuis 50 ans que la France s’appuie sur cette ressource. Mieux encore, le nucléaire permet de disposer d’un kilowattheure à un prix bien plus bas que dans les pays comparables et qui reste beaucoup moins cher que l’électricité issue des énergies solaire et éolienne, respectivement 4,2 c€, 9,0 c€ et 39,0 c€ selon les chiffres de la Commission de Régulation de l’énergie. Quel est donc l’intérêt pour le consommateur d’aller s’approvisionner auprès de sources d’énergies au moins deux fois plus chères ? La question est d’autant plus pertinente que le consommateur est aussi un contribuable qui paye « joyeusement » le développement de ces « énergies propres ». Mais le citoyen n’a pas son mot à dire, car il a été décidé en haut lieu que tout devait être fait pour que les énergies renouvelables prennent la première place et peu importe le coût final d’une telle politique.

Et le tableau n’est pas très reluisant puisque, après plus d’une décennie de subventions et de matraquage politico-médiatique, les chiffres ne sont pas bons. Ils sont mêmes têtus. Alors oui, chaque année ou presque l’éolien et le solaire gagnent du terrain ou plutôt en grappillent. Mais cet été fut terrible pour les apôtres des énergies renouvelables. Au mois d’août, éolien et solaire ont représenté respectivement 2,9 % et 2,2 % de la production d’électricité. En tout et pour tout, le renouvelable, hors hydraulique, a contribué à 6,8 % de la production. Le chiffre en devient même inquiétant au regard des millions dépensés pour favoriser leur essor. Pire, si l’on peut dire, le nucléaire a battu un record vieux de sept ans en ce même mois d’août en franchissant la barre des 82% de l’électricité produite dans l’Hexagone. La raison ? Une augmentation de la consommation en raison d’un été chaud. Les Français ont davantage utilisé la climatisation et s’ils avaient attendu que les énergies renouvelables leur viennent en aide, ils auraient passé un été très très chaud.

En effet, malgré tous les fonds publics, investis dans le développement du renouvelable, il existe une barrière technique pour le moment infranchissable : le stockage de l’électricité ; la stocker coûte très cher et cela ne peut se faire que pour de petites quantités. Le problème de l’éolien et du solaire est que ce sont des énergies intermittentes. Pas de vent comme cet été et la production électrique éolienne s’effondre, comme balayée par une mauvaise bourrasque. Au mieux, on estime que le renouvelable pourra alimenter à 30% les besoins en électricité. Que fait-on pour les 70% qui restent ? Fermeture des centrales nucléaires et retour au charbon ? Si la transition énergétique allemande fait office de modèle, alors oui, pourquoi pas ? Mais dans ce cas, la France ne pourra plus prétendre guider le monde (*) vers une planète décarbonnée. Que la vie des écologistes doit-être inconfortable… Encore leur faut-il ne pas vivre dans le déni de la réalité.

(*) Voir le billet d’humeur de Guy Sorman publié le 10 octobre 2015 dans Contrepoints.

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