Les énergies renouvelables (solaire, éolien) conduisent EDF à faire faillite

Selon Jean-Louis Butré – président de la Fédération environnement durable, qui lutte contre la multiplication des parcs éoliens en France –, le développement non maîtrisé (et peu rentable) des énergies alternatives risque de conduire au démantèlement du fleuron français, EDF, mettant à mal l’indépendance de l’Hexagone en matière de production d’électricité.

Un article a été publié le 17 mai 2016 dans le journal Capital.fr à partir de documents que je leur ai transmis, car il m’est apparu qu’il ne m’était plus possible de taire un certain nombre de réalités qui conduisent actuellement inexorablement le groupe EDF à la faillite, notamment à cause du programme en cours des énergies dites renouvelables.

Ce scenario, inimaginable il y a quelques années, est maintenant en marche et il est même probablement accepté par un certains nombres d’élus nationaux. Il ne s’agit de ma part ni d’un soutien à un quelconque parti politique, ni d’une prise de position pour ou contre le nucléaire, mais d’une simple analyse des faits et de la réalité actuelle. Aucune société industrielle ne peut imaginer survivre et se développer si les équilibres financiers ne sont pas respectés.

Le fait que les dirigeants et les salariés d’EDF pensent être à l’abri en étant protégés par l’État est une grossière erreur.

Le déclin industriel de la France est pavé d’annonces de sauvetages qui se sont terminés par la  fermeture de pans entiers de secteurs industriels majeurs qui se croyaient inexpugnables.
La plupart des fleurons de nos industries ont maintenant disparu : textile, sidérurgie, chimie, etc. L’énergie et l’électricité suivent la même pente.

Cet article va probablement attirer des réactions. Si vous estimez qu’il ne faut pas baisser les bras et se taire,  merci de mettre vos commentaire à la suite de cet article :
http://www.capital.fr/a-la-une/tribune/jean-louis-butre/les-energies-renouvelables-solaire-eolien-conduisent-edf-a-faire-faillite-1128890
Très peu de médias osent encore publier des textes qui ne sont pas agréés par la pensée unique actuelle.

Battons-nous pour sauver la démocratie !
Jean-Louis Butré, président de la Fédération environnement durable
http://www.capital.fr/a-la-une/tribune/jean-louis-butre/les-energies-renouvelables-solaire-eolien-conduisent-edf-a-faire-faillite-1128890

Publié le 17/05/2016 à 16:39

Les énergies renouvelables (solaire, éolien) conduisent EDF à faire faillite

Selon Jean-Louis Butré – président de la Fédération environnement durable, qui lutte contre la multiplication des parcs éoliens en France –, le développement non maîtrisé (et peu rentable) des énergies alternatives risque de conduire au démantèlement du fleuron français, EDF, mettant à mal l’indépendance de l’Hexagone en matière de production d’électricité. Tribune libre.

En 2015, EDF, premier producteur mondial d’électricité, emploie 158’000 salariés dans le monde dont 129’000 en France.

La situation économique de l’énergéticien français dont l’État contrôle 85% s’est fortement dégradée :

– un chiffre d’affaires de 72 milliards d’euros
– des fonds propres inférieurs à 20 milliards d’euros
– une action en forte baisse (–44% en un an et –58% sur cinq ans),
– un endettement qui s’est envolé (40 milliards, soit plus de la moitié de son chiffre d’affaire),
– des retraites des salariés non provisionnées, évaluées à 60 milliards d’euros
– une fusion programmée périlleuse avec AREVA qui totalise de son côté 4,8 milliards de pertes (les effectifs d’AREVA ont fondu de 75’000 salariés à une prévision de 35’000 à l’horizon 2017).
– des promesses du soutien financier d’un État qui n’a plus d’argent.

La filière nucléaire d’EDF assure 80 % de la production d’électricité de notre pays.

Les difficultés récentes du groupe ont été marquées par la sortie d’EDF du « CAC 40 » à la fin de 2015, par la démission de son directeur financier début 2016, par la décision imposée de reprendre AREVA en faillite, par l’abaissement en mai de la note du groupe par l’agence Standard & Poor’s et par son déclassement par l’agence Moody’s. Ces événements posent la question du bien-fondé de la stratégie du groupe et de la responsabilité des énergies renouvelables (EnR) dans son déclin.

En analysant les faits de ces 10 dernières années, la filiale d’EDF (EDF EnR) chargée du développement des énergies renouvelables, c’est-à-dire principalement de l’éolien, a été rachetée à prix d’or, mais elle ne représente aujourd’hui que 2% du chiffre d’affaires d’EDF et emploie moins de 1’500 salariés, soit 2% de l’effectif total du groupe.

En revanche, la stratégie agressive de communication de cette filiale, appuyée par l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et le Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, a conduit à faire croire aux décideurs et aux citoyens que l’avenir d’EDF était basé sur les énergies renouvelables. Celles-ci, parées de toutes les vertus écologiques, ont pratiquement occulté les autres activités et elles ont masqué les difficultés d’EDF.

Même si certaines EnR présentent à terme un intérêt, elles sont peu productives, intermittentes et non rentables.

L’éolien, par exemple, érigé en symbole de l’avenir énergétique, a répandu une image fausse de l’ensemble du groupe EDF, en faisant croire que cette énergie allait remplacer le nucléaire. L’éolien a complètement cannibalisé médiatiquement les autres filières.

La situation actuelle montre que le groupe EDF n’a plus aujourd’hui les ressources financières suffisantes pour faire face dans les 25 prochaines années à des investissements stratégiques incontournables.

Si, dans les plus brefs délais, aucune mesure majeure n’est prise, le groupe fera faillite et sera démantelé. Il entraînera la suppression de centaines de milliers d’emplois et le déclin de l’ensemble de l’industrie de la France.

Ces faits sont la conséquence de l’absence d’un plan stratégique à long terme et d’une vision claire sur les orientations du groupe. Depuis 15 ans l’État français n’a pris aucune décision concernant la poursuite ou l’abandon de la filière nucléaire qui est la clé fondamentale d’EDF.

Les gouvernements, et les 14 ministres de l’environnement et de l’énergie qui se sont succédé, ont louvoyé. Lors du Grenelle de l’environnement cette question primordiale n’a même pas été abordée et le programme des 50% de la « Transition Énergétique » de François Hollande qui lui a succédé n’a fait qu’ajouter confusion et duplicité.

Pourtant la décision de continuer ou d’arrêter la filière nucléaire est fondamentale, elle détermine non seulement l’avenir des 58 réacteurs actuellement en fonctionnement, mais aussi tous les investissements à long terme éventuels, concernant les nouveaux réacteurs en France et à l’exportation. Les autres programmes ne sont que des conséquences. Cette question est incontournable.

La situation critique actuelle du groupe montre que, si en 2001 la possibilité de fermer la filière nucléaire d’EDF était encore envisageable, il est à craindre que cette option ait dépassé aujourd’hui toutes les limites des moyens financiers d’EDF et de l’État français.

Scénario arrêt du nucléaire : coût supérieur à 500 milliards d’euros ?

Le coût de la fermeture des 58 réacteurs en fonctionnement, leur démantèlement et le remplacement par des énergies renouvelables, appuyées par des moyens de production indispensables à leur intermittence (centrales à gaz et à charbon principalement), engendreraient un montant d’investissements qui dépasserait 500 milliards d’euros. (1)

Cette option entraînerait la construction de centrales thermiques pour assurer une production d’électricité et aurait pour conséquence, comme en Allemagne, une augmentation massive des émissions de GES par la France, contraire aux décisions européennes et à l’inverse de toute la politique inter- nationale prônée par notre pays, notamment lors de la dernière COP 21.

Scénario du maintien du nucléaire : coût estimatif 150 à 200 milliards d’euros

Pour mettre EDF à flot et assurer son développement, cette somme serait à investir dans les 15 prochaines années (2) parallèlement à des mesures draconiennes d’économies qui devraient être appliquées.

Partant du principe que la capacité d’emprunt d’EDF a atteint un seuil limite et que EDF doit rester un groupe stratégique contrôlé par l’État, les seuls paramètres maîtrisables par le gouvernement actionnaire pour apporter de l’argent à EDF sont les tarifs de l’électricité des particuliers.

En 2016, 150 TWh électricité (35% du total de la consommation) sont vendus aux ménages à un prix de l’ordre de 15 centimes d’euros le kWh.

Une hausse de 10% du tarif de l’électricité correspondrait à 1,5 centimes d’euros le kWh, soit un bénéfice de 2,25 milliards d’euros par an pour EDF.

Le doublement du tarif apporterait 22,5 milliards par an. Ce qui permettrait d’atteindre les 150 à 200 milliards nécessaires dans une période de 10 à 15 ans suivant le rythme acceptable pour cette hausse.

Cette augmentation, difficilement supportable, pourrait être moins importante s’il était possible de la répercuter sur l’ensemble des consommateurs d’électricité (transports, professionnels, PME/PMI, entreprises) qui représentent 65% du total de la consommation française. Mais en dehors du fait que ceux-ci répercuteraient ces hausses sur la vente des biens ou des services, donc principalement sur les consommateurs français, il n’est pas du tout évident qu’ils puissent accepter de telles nouvelles charges qui mettraient en péril la compétitivité de leurs entreprises soumises à la loi du marché.

Des mesures d’économies immédiates seraient à prendre pour arrêter le programme ruineux des EnR actuelles et (solaire et éolien terrestre). Elles permettraient une économie de 2 à 7 milliards d’euros par an. Il serait aussi nécessaire de mettre en place un moratoire concernant l’éolien offshore dont les pertes programmées sont évaluées d’ici 3 ans entre 4 et 6 milliards d’euros par an.

Cinq décisions pour sauver EDF :

1) Doublement du tarif de l’électricité des particuliers (par exemple, augmentation des tarifs de +30% par an dans les 3 prochaines années, puis stabilisation).
2) Grand carénage des réacteurs existants et étude de nouveaux investissements. Les EPR ne sont pas la seule option à envisager. Nécessité prioritaire de la mise aux normes de sécurité des réacteurs pour s’assurer de l’absence totale de risques durant leur exploitation.
3) Arrêt du programme des EnR raccordé au réseau (solaire et éolien terrestre, d’où une économie de 2 à 7 milliard d’euros par an.
4) Moratoire sur l’éolien offshore, en attente de technologies plus performantes, d’où une économie de 4 à 8 milliards d’euros par an à l’horizon 2020.
5) Négociations concernant les montants et le financement des retraites des salariés d’EDF.

Il serait anormal de maintenir des avantages acquis abusifs en les faisant supporter par les ménages français à qui un effort financier gigantesque serait demandé…

Conclusion

Si rien n’est fait, EDF sera probablement démantelée à terme et reprise par des concurrents, principalement étrangers. La France perdra la maîtrise de la production de l’énergie électrique, un domaine stratégique dont le reste de son tissu industriel dépend. Dans ce cas, la suppression de centaines de milliers d’emplois et le déclin de l’ensemble de l’industrie de notre pays est à craindre. L’arrêt du programme des EnR (solaire et éolien) est une priorité pour contribuer à faire des économies, pour sortir le groupe de l’impasse financière actuelle et pour assurer son développement.

Jean-Louis Butré, président de la Fédération environnement durable (FED).

___________________________________

Annexes (hypothèses retenues)
(1) Aperçu des besoins financiers en cas de l’arrêt du nucléaire : 400 à 550 milliards d’euros

  • Reprise et restructuration d’Areva en faillite : 4 à 6 milliards d’euros.
  • Mise en service aux nouvelles normes des 2 EPR : 10 milliards d’euros ? (Flamanville + Finlande).
  • Démantèlement des 58 réacteurs nucléaires + 1 EPR existant : 150 à  300 milliards d’euros ?
  • Retraites des salariés EDF (non provisionnées) 60 milliards d’euros (*).
  • Financement indirect (CSPE ou autre) pour l’importation et implantation de 50’000 éoliennes et/ou offshore : 125 milliards d’euros, nécessaires à la production de l’équivalent de 40% à 50% de l’électricité nucléaire actuelle.
  • Construction de 20 centrales thermiques à charbon : 15 milliards d’euros pour produire l’équivalent de 40% de la production d’électricité nucléaire actuelle. Le reste étant déjà assuré par l’hydraulique.
  • Nouveau réseau électrique ERDF  raccordement après éoliens : 40 milliards d’euros.

(2) Aperçu des besoins financiers dans le cas de la poursuite du nucléaire : 150 à 180 milliards d’euros

  • Reprise et restructuration d’Areva en faillite : 4 à 6 milliards d’euros.
  • Mise en service aux nouvelles normes des 2 EPR : 10 milliards d’euros ?
  • Projets des 2 EPR en Angleterre « Hinkley point » : 27 milliards d’euros.
  • Grand carénage des 58 réacteurs nucléaires existants : 50 à 80 milliards d’euros.
  • Retraites des salariés (non provisionnées) > 60 milliards d’euros (*).
  • Arrêt des pertes annuelles actuelles dues à l’éolien terrestre + solaire : 2 à 4 milliards d’euros /an en hausse rapide qui atteindra 7 à 8 milliards d’euros par an à l’horizon 2023.
  • Arrêt des pertes annuelle programmées concernant l’éolien offshore … 4 à 6 milliards d’euros par an à l’horizon 2023. 
  • Réseau à moderniser (ERDF ) 5 à 10 milliards d’euros ?

Paris le 17 mai 2016

Fédération Environnement Durable

http://environnementdurable.net

contact@environnementdurable.net

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