Stratégie énergétique 2050, du rêve à la réalité : une illustration de la « salami-politique » que la presse n’ose critiquer…

Le journal Le Temps a largement ouvert ses pages aux défenseurs de la Stratégie énergé- tique 2050. À chaque fois, une pleine page a été accordée, le 13 mars, au directeur de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) Benoît Revaz et, le 31 mars, à la Conseillère fédérale Doris Leuthard. Rien d’équivalent n’a (jusqu’ici …) été offert aux adversaires de cette stratégie. Nous avons réagi chaque fois aux deux interviews par des lettres de lecteur qui, elles non plus, n’ont (pour l’instant …) eu l’heur d’être publiées. Nous les donnons ici.

La Stratégie énergétique 2050, du rêve à la réalité

L’interview de M. Benoît Revaz, le nouveau directeur de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN), dans Le Temps du 13 mars laisse songeur. D’entrée de cause il se déclare neutre envers l’énergie nucléaire, se considérant seulement comme un gestionnaire en matière de sécurité nucléaire. Il oublie que ce domaine n’est pas du tout du ressort de l’OFEN, mais de l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) qui est absolument indépendante de l’OFEN, car c’est elle l’autorité compétente.

Que l’OFEN se soit lancé dans la conception d’une stratégie énergétique avec des visions jusqu’en 2050, concoctée avec l’aide de bureaux extérieurs, que celle-ci ait été soumise au Conseil fédéral, que ce dernier l’ait transmise au Parlement en septembre 2013 dans un message long de 207 pleines pages – dont le résumé contient cette phrase : « Par le présent message, le Conseil fédéral présente un premier paquet de mesures visant à garantir à long terme l’approvisionnement énergétique » –, et que, enfin, le Parlement ait adopté, 3 ans plus tard, comme premier paquet, la nouvelle mouture de la loi sur l’énergie forte de 77 articles sur 34 pages, flanquée de 14 pages d’abrogations ou modifications d’autres lois, dont celle sur l’énergie nucléaire, tout cela est maintenant de l’histoire passée.

En effet, le second paquet prévu venant d’être finalement abandonné par le législatif, le premier devient sans objet ; il est devenu inutile, car inopérant, n’ayant, seul, plus les moyens de réaliser les visions prévues. Grâce au référendum obtenu par une quinzaine d’organisations, le dernier acte pourra être joué par le Souverain pour se sortir de ce mauvais rêve le 21 mai. Ensuite il sera temps de remettre un meilleur ouvrage sur le métier.

 

Stratégie énergétique = « salami-politique »

Dans son interview, accordée au journal Le Temps le 31 mars, la Conseillère fédérale Doris Leuthard ne dit de loin pas toute la vérité. Nous ne sommes plus dans la réalité des chiffres.

Qui va croire qu’avec seulement 2,3 ct par kWh, à charge des PME et des citoyens consom- mateurs, on va atteindre les objectifs ambitieux de la Stratégie énergétique 2050 ? On prétend qu’il n’en coûtera que 40 francs par an et par ménage ; on oublie, ou omet de nous dire, que les installations solaires et éoliennes qui sont actuellement en fonction, ou qui le seront d’ici à 2022, deviendront déjà toutes hors d’usage bien avant 2050, du fait de leur durée de vie limitée de 20 à 30 ans. C’est un facteur physique limitatif à ne pas cacher; tout sera à reconstruire à neuf pour avoir un parc de renouvelables opérationnel en 2050.

Les investisseurs actuellement subventionnés ne le seront plus et il n’est pas garanti sans autres qu’ils soient disposés à puiser volontiers une seconde fois dans leur porte-monnaie pour construire une nouvelle génération d’installations solaires et éoliennes. La réalisation des objectifs coûtera à la collectivité, donc aux citoyens consommateurs et contribuables, bien plus qu’annoncé ; donc nous sommes mis devant une classique « salami-politique » : si la stratégie est acceptée le 21 mai, on verra très vite nos politiciens revenir à la charge avec dirigisme, donc avec des taxes, de la bureaucratie et d’autres règlements coûteux, en reprenant en catimini le 2e paquet de mesures incitatives pour l’heure en hibernation au Parlement pour des raisons tactiques.

Il vaut mieux recommencer tout le processus, mais en tenant précisément compte des réalités physiques et financières, et pour cela, finalement, en votant NON le 21 mai.

Christophe de Reyff

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