Qui rejettera le moins de CO2 et qui fournira le plus d’énergie, le plus rapidement possible ?

This Figure shows a comparison of current electricity systems using the Hierarchist perspective, which should be the closest to the scientists’ point of view. The scores for renewables and nuclear systems are substantially better than for fossil systems. The dominating contributions to the total scores for fossil are respiratory effects, use of non-renewable fossil resources, and climate change. (PSI, Technology Assessment, Life Cycle Impact Assessment example : Environmental profile of current electricity systems)

Dans un récent article (24 novembre 2022) sur son blog, Mme Suzanne Sandoz demande de voir un tableau donnant en comparaison détaillée les impacts des diverses technologies énergétiques.

Voici ma réaction publiée le 25 novembre parmi … 73 autres (à ce jour !) :

« De tels tel tableaux existent, bien sûr, car ces comparaisons des diverses technologies énergétiques sont faites depuis longtemps. En Suisse, c’est principalement l’Institut Paul Scherrer – PSI qui a étudié la question. On la trouve sous le titre d’analyse du cycle de vie (Life cycle Assessment – LCA) : https://www.psi.ch/en/ta/life-cycle-assessment

Nos élus devraient normalement connaître ces travaux et leurs résultats comparatifs ; mais on est en droit de douter de leur compréhension de la problématique soulevée.

Par exemple, le Conseil fédéral (CF) a décidé déjà le 25 mai 2011 de sortir du nucléaire, certes progressivement :
https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communiques.msg-id-39337.html
cela sous le coup de l’émotion après Fukushima, sans attendre l’analyse de la situation pourtant demandée par ce même CF à notre Inspection fédérale de la sécurité nucléaire IFSN, qui a produit cinq rapports sur la question et sur ses implications pour le Pays, mais publiés seulement en fin juillet 2012 :
https://www.ensi.ch/fr/documents/document-category/rapports-sur-fukushima/

La décision, purement politique, a donc été prise par le CF au mépris des travaux des experts suisses.
Dans la foulée, on a adopté en 2017 la « Stratégie énergétiques 2050 », on a modifié et l’on modifie encore, et encore ces jours-ci au Parlement, la loi sur l’énergie, en l’ayant complétée, en fin 2020, par les « Perspectives énergétiques 2050+ », où l’on trouve des valeurs cibles d’énergie électrique à produire par chaque technologie nouvelle pour l’an 2050, mais en ne se préoccupant ni de leurs impacts ni du dur chemin réaliste à parcourir pour y arriver.
Pour ne mentionner que l’éolien (4,3 TWh et donc 2,5 GWp, ou 833 machines de 3 MWp), ou le photovoltaïque (33,6 TWh et donc 37,5 GWp, ou 187,5 km²), on calcule aisément qu’il faudrait inaugurer en Suisse une nouvelle grande éolienne de 3 MW (220 m) tous les 12 jours non stop d’ici à 2050, ou installer 367 installations domestiques de 10 kW (ou 50 m²), soit 3,67 MW ou près de 18’350 m², et cela chaque jour, non stop, durant 28 ans.

On veut sortir du fossile, fort bien, mais il est physiquement impossible de vouloir sortir à la fois du fossile et du nucléaire.

L’exemple malheureux de l’Allemagne est là : il n’y aura plus de centrales nucléaires en activité dès le 16 avril prochain (paraît-il ?), mais il y aura encore plus de centrales à charbon (anthracite et surtout lignite) ou à gaz (tant qu’il y en aura ?), et cela pour 44% de la production d’électricité dans ce pays (chiffre pour 2021), avec, à la clef, plus de 220 millions de tonnes de CO2 émis en 2021 pour seulement ces productions d’électricité d’origine fossile, soit environ 380 grammes de CO2 pour chacun de tous les kWh produits en Allemagne, donc toutes technologies confondues. C’est dix fois pire que le bilan pour la production d’électricité actuelle en Suisse grâce au fait qu’elle est actuellement quasiment sans agents fossiles.

Tout devra s’électrifier à l’avenir : nous allons avoir demain un parc de plus de 4,5 millions de véhicules électriques et de 2 millions de pompes à chaleur, donc électriques ; cela va demander au moins 25 milliards de kWh (TWh) par an en plus d’électricité . Et en supprimant encore les 25 TWh provenant du nucléaire, qui va s’éteindre progressivement, ce sont au moins 50 TWh de plus à trouver d’ici 2050, dont 30 TWh en hiver. Il y a loin de la coupe aux lèvres…

Finissons ce réquisitoire en comparant les émissions de CO2 dues au seul secteur énergétique (carburants et combustibles) des pays souvent cités, soi-disant en exemple : Allemagne : 7.5 tonnes par habitant, Autriche : 6.6, Danemark : 4.8, France : 4.0 et Suisse 3.8 tonnes par habitant. Cherchez les mauvais élèves !

Christophe de Reyff »

 

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