Non, je ne suis pas climato-sceptique, mais climato-hérétique

Une opinion de M. Michel de Rougemont, publiée sur son blog le 8 octobre 2015 et aussi parue dans Le Temps du 20 octobre 2015, qui ne doute pas que le climat soit sous pression, mais qui doute que l’on puisse incriminer uniquement l’activité humaine.

(Ajout du 26 octobre 2015 : cette opinion a suscité une réplique de M. Jean-Claude Keller, physicien, le 21 octobre, et une duplique de M. Michel de Rougemont, le 26 octobre, toujours dans Le Temps.)

Pour lui, le GIEC, c’est comme la Congrégation pour la doctrine de la foi dans l’Église catholique …

Rodin, le Penseur, credits Steve Wilde (CC BY-NC-ND 2.0)

Le Penseur, bronze d’Auguste Rodin (crédits Steve Wilde, CC BY-NC-ND 2.0)

Il est dangereux de se faire traiter de climato-sceptique ; cela semble être devenu une pathologie à ajouter à la liste officielle des troubles mentaux, ou alors une attitude plus dangereuse que tous les terrorismes réunis ! Il faut désormais considérer toute atteinte potentielle au mal-être des générations futures comme un crime contre l’humanité qui mérite, par anticipation, toutes les rigueurs de la loi.

J’ai de la sympathie pour ces imbéciles de climato-sceptiques, car ils en prennent pour leur grade, stoïquement ; et, comble de l’esprit de sacrifice, ils persistent à ne pas s’aligner sur le dogme « anthroporéchauffiste » ou sur celui, plus récent, du dérèglement du climat par ce salaud d’Homo sapiens, espèce digne de ne jamais avoir vu le jour sur Terre, tant elle ne la respecte pas.

J’ai d’ailleurs, en général, de la sympathie pour tous les sceptiques, car ils allient la prudence à la curiosité, et, par leurs questions, permettent d’approfondir la compréhension des phénomènes, tout en s’abstenant d’asséner des vérités. Le contraire du scepticisme est la crédulité que je laisse aux innocents, aux religions et aux fanatiques de tous bords.

Pourtant, en matière de climat, je ne suis pas sceptique

Je sais ce que je sais et je mesure aussi ce que je ne sais pas. Par exemple, qu’il n’y a pas de raison de douter que le climat change et qu’un réchauffement global a eu lieu au cours des deux derniers siècles, même si les satellites ne décèlent aucun changement significatif depuis 15—20 ans. Aussi je ne réfute pas que les gaz dits à effet de serre sont à l’origine d’un forçage radiatif qui fait que la température de l’atmosphère monte si leur concentration augmente. Non plus je ne mets en doute que les effets du climat puissent présenter des problèmes à certaines populations. En cela je ne me distingue pas de l’écrasante majorité des gens qui ont réfléchi sur la question.

Et pourtant je ne gobe à peu près rien de ce qui nous est raconté à longueur de communiqués et d’injonctions à sauver la planète.

Que fait-on des phénomènes naturels ?

Je n’admets pas que, par un mystérieux mécanisme, le forçage radiatif soit amplifié pour nous prédire, à l’aide de modèles invalides, des accumulations de catastrophes. Je n’admets pas que, quasi exclusivement, toutes les variations du climat soient maintenant attribuées aux activités humaines. Pourquoi déjà avant l’ère industrielle, sans source artificielle de gaz dits à effet de serre, le climat aurait-il changé, les niveaux des mers monté, les glaciers fondu ? Et les phénomènes naturels, bon sang ? Ne jouent-ils par un rôle primordial, même si l’on n’est pas capable de les quantifier ? L’activité solaire, la géométrie de l’orbite de la Terre, les interactions entre particules, le rayonnement et le champ magnétique pour former les nuages : c’est là que se trouvent les paramètres de changement, alors que le rôle de l’industrie humaine, que je ne réfute pas, reste d’une dimension modeste, bien inférieure aux exagérations systématiques du GIEC (voir note en fin d’article).

Je ne reconnais pas de fondement scientifique dans ces prophéties ; j’y vois des spéculations inspirées par divers motifs dont, surtout, celui de la prise du pouvoir dans un monde savamment désorienté.

Les apôtres et les inquisiteurs parcourent le monde

Les mesures proposées et exigées sont d’une rigueur extrême : réduire drastiquement la consommation d’énergie, donc freiner ou stopper tout développement, pourtant si nécessaire et urgent, tant dans les pays pauvres que dans les sociétés plus affluentes. Rien ne doit s’opposer à ces injonctions, rien n’a plus de valeur que la stabilisation du climat ; c’est absurde, futile et méchant. Apprenant à vivre avec leurs contradictions, les apôtres et les inquisiteurs parcourent le monde et communiquent en utilisant les toutes dernières technologies, si polluantes à leurs yeux ; alors ils s’achètent des indulgences sous forme de certificat carbone ou taxes de compensation. On a tous les droits quand on a raison.

« Je suis un climato-hérétique »

Refus de l’autorité auto-nommée en la matière, interprétation différente des faits, refus des prophéties, refus des hochets donnant bonne conscience, refus des subventions corruptrices, rejet de la tentative doctrinale absolutiste : cela n’est pas du scepticisme, ni du négationnisme. Je suis simplement un climato-hérétique, et j’appelle tous les gens raisonnables à le devenir.

Et j’exige qu’en cas de condamnation au bûcher, on utilise du bois certifié bio, pour que, en ce dernier moment, je ne puisse pas être accusé d’irresponsabilité écologiste.


Note de l’auteur

Le GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, n’est pas une société scientifique débattant des dernières découvertes. Ses experts sont en mission, et tout dissident est promptement écarté. On peut le comparer à la Congrégation pour la doctrine de la foi de l’Église catholique : même type de mandat, même prétention d’expertise, même irréfutabilité.

 

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