Le catastrophisme à la mode.

Réflexions à propos de quelques enjeux politiques actuels majeurs et de quelques controverses scientifiques qui y sont liées.

Climat, transition énergétique, agrochimie, finitude des ressources, etc… font l’objet de grands débats et de non moins grandes controverses scientifiques. Un fort courant dominant médiatique et politique répond systématiquement de manière pessimiste à ces controverses, ne cherche pas à les élucider. La mode est de prédire l’apocalypse.

Tableau : résumé du catastrophisme ambiant et des controverses liées

Enjeux et Objets de la controverse Ce que qu’affirme le courant politique et médiatique dominant Ce qu’indiquent certaines analyses scientifiques qui se veulent rationnelles et lucides
 

Le changement climatique

 

La responsabilité du CO2 et de l’homme sont démontrées. Une réduction massive et rapide de la consommation d’énergies fossiles est indispensable pour éviter les risques énormes que provoquera le réchauffement climatique. La responsabilité du CO2 et de l’homme n’est pas prouvée. Une réduction massive et rapide des énergies fossiles peut avoir des conséquences sociales et économiques importantes, peut-être plus graves que le réchauffement climatique lui-même.
 

Le nucléaire

 

Les risques des accidents de centrales et des déchets radioactifs ne sont pas maîtrisables. Seul remède : une interdiction absolue. Ces risques sont maîtrisables, et maîtrisés, avec des normes de sécurité bien faites et respectées. L’usage intelligent d’une technologie à risque vaut mieux que son interdiction aveugle.
 

La transition énergétique

 

La transition énergétique est nécessaire pour éviter le réchauffement climatique et éliminer le nucléaire et ses risques. Elle est réalisable en remplaçant les énergies fossiles et nucléaires par les énergies renouvelables. La transition énergétique n’est ni réalisable ni payable dans les délais prévus. En Suisse, la Confédération n’a pas fourni de plans opérationnels. L’expérience en Allemagne tourne à l’échec : électricité (très) chère et hausse des émissions de CO2
 

Agrochimie et agrobiologie

 

L’agriculture classique moderne rend notre alimentation toxique, pour l’homme et la nature. OGM, glyphosates, pesticides, … sont à interdire. Seule l’agriculture bio peut sauver la planète. La toxicité de l’agriculture classique est démentie par les études de risques sérieuses quand les normes sont respectées. Le mauvais rendement de l’agriculture bio l’empêche de pouvoir nourrir toute la planète
 

La finitude des ressources

 

L’austérité, voire le rationnement, sont inéluctables. Continuer à améliorer le niveau de vie des hommes, donc leur consommation, est une menace grave pour la planète et son environnement. Non seulement une croissance illimitée est impossible, mais une forte décroissance devient indispensable. Les ressources de la planète sont finies mais elles ont le potentiel de fournir de la nourriture, des matières premières et de l’énergie pour une population de 12 milliards ayant le niveau de vie moyen des Américains.

Fascination pour la catastrophe.

Sur tous les objets évoqués (colonne de gauche) le discours politique et médiatique est massivement orienté vers une interprétation pessimiste des réalités. Si on observe bien, l’enjeu principal est que l’amélioration pour tous de notre niveau de vie est remise en question de manière radicale. L’idée d’améliorer le niveau de vie de tous était depuis longtemps un objectif politique prioritaire : la gauche et la droite se sont affrontées sur la méthode (en gros partager le gâteau des richesses vs agrandir le gâteau), mais pas sur l’objectif d’amélioration, qui a fait longtemps consensus. C’est nouveau aujourd’hui : cet objectif commun n’est plus reconnu. Au contraire, il est vu comme une menace écologique majeure : amener toute la population de la planète a un niveau de vie agréable est considéré comme utopique et, surtout, dangereux pour la survie de la planète.

Tout se passe comme si l’opposition traditionnelle gauche-droite entre socialisme planificateur et libéralisme économique avait été remplacé par une croyance idéologique et écologique selon laquelle tout progrès est une menace pour l’environnement. Même la gauche renie la notion de progrès et la droite se retranche derrière sa foi dans le marché qui serait un remède miracle pour résoudre toutes les situations de pénuries. Argument qui est un peu faible à lui seul pour rassurer.

Des réalités scientifiques controversées en arrière-plan.

Sur tous ces thèmes, climat, transition écologique, etc, … il y a de fait une réalité scientifique, mais malheureusement tous les scientifiques ne sont pas d’accord entre-eux sur cette réalité. Il y a des controverses scientifiques. Il serait important d’élucider ces controverses. Pourquoi ? Parce qu’il y a un risque que l’humanité soulève des faux problèmes qui vont gaspiller nos efforts. Il y a assez de vrais problèmes, sur lesquels il faut se concentrer. L’importance du contenu scientifique est une chance : parce que la science et sa démarche, dans les domaines qui la concernent, permet de vérifier objectivement le juste et le faux, plus facilement que dans d’autres domaines. Encore faut-il saisir cette chance. Certes de nombreux scientifiques tentent de mettre de la rationalité dans le débat, mais ils ne sont pratiquement pas écoutés, et encore moins entendus par le courant politique et médiatique dominant. Observez, les personnes interviewées dans nos médias, sont en grande majorité des tenants de la catastrophe. Les rares experts qui sont en mesure de critiquer le pessimisme des analyses et de redonner espoir dans un futur meilleur et confiance dans le progrès technique sont soit absents, soit dénoncés pour « négationnisme ».

Exemple : une théorie particulièrement pessimiste est apparue sous le nom de « collapsologie ». Selon cette théorie notre civilisation est en voie d’effondrement (le « grand collapse » a remplacé le « grand soir »). Ce qu’il y a de particulièrement extrême dans cette théorie est que ce collapse serait le seul remède, un passage obligé donc, pour reconstruire mieux qu’avant : ses partisans disent qu’il ne faut surtout pas essayer d’améliorer quoi que ce soit, ce serait « prolonger le mal !». Cette théorie, qui était restée un peu confinée pour initiés sur Internet, est présentée par un reportage récemment un soir au TJ de 19h30 sur RTS UN. C’est assez souvent la règle à la RTS que lorsqu‘une théorie un peu audacieuse est présentée, on sollicite l’avis d’une personne d’avis opposé pour faire contre-poids. Surprise, ce soir là c’est le prof. Dominique Bourg / UNIL qui était invité sur le plateau, un ardent défenseur de la collapsologie. Il a déclaré : « je suis entièrement d’accord ». Ce qui n’empêche pas la RTS dans ses émissions comme « Médialogues » de répéter régulièrement en substance que « nous sommes les champions de la lutte contre les Fake News, notre arme : investigation et vérification… ».

Les controverses scientifiques peuvent être élucidées.

La science permet pratiquement toujours, d’établir l’état des connaissances et de vérifier quelles sont les affirmations conformes à la réalité. En tenant compte que les incertitudes peuvent exister, qu’elles font partie de l’état des connaissances en un moment donné, et qu’elles doivent être reconnues. 

Les vérifications ne sont pas recherchées.

Autant des vérifications seraient utiles, puisqu’il y a un contexte scientifique qui les rend possibles, autant elles sont trop peu pratiquées. On peut y voir deux causes qui s’additionnent :

1ère cause : vérifier dans le domaine scientifique est lourd et complexe. Cela décourage probablement tant les politique et les médias. À la décharge de ces derniers, il faut reconnaître d’ailleurs qu’on ne leur donne ni le temps ni les moyens nécessaires. Pour les politiques comme pour les médias des déclarations percutantes sont souvent payantes en matière d’audimat.

2e cause : une certaine défaillance, ou du moins une absence dans le débat, des experts scientifiques concernés et de leurs associations, que ce soit des milieux professionnels ou académiques. En matière de climat, la communauté scientifique n’a pas fait l’effort d’élaborer une plateforme qui précise quel est l’état des connaissances acquises et des incertitudes qui subsistent. Sur la transition énergétique, la tentative des Académies des sciences suisses de formuler une recommandation a débouché sur un constat d’échec : les Académies n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur une position commune (https://www.satw.ch/fileadmin/user_upload/documents/04_Footer/03_Medien/02_Stellungnahmen/Akademien_Stellungnahme_Energiestrategie_130129.pdf. )

Cas du nucléaire : un historique des vérifications révélateur.

Trois tentatives de vérification ont eu lieu en Suisse.

 

1ère tentative : les rapports de la SHSN sur l’énergie nucléaire

Elle a eu lieu au début des années 80 sous l’égide de la Société Helvétique des Sciences Naturelles (SHSN) qui tenait lieu à cette époque d’Académie des sciences, celle-ci n’étant alors pas encore créée. À l’origine l’initiative remarquable par la méthode d’un membre de son Comité, le prof. Gérard de Haller. Il a estimé que la controverse nucléaire qui émergeait alors correspondait à un débat d’opinions. Selon lui il fallait distinguer les faits des opinions, et surtout vérifier les faits. La SHSN a alors fait a) une liste des questions controversées sur le nucléaire (accidents, déchets, effets des radiations, etc., …) et b) mandaté des groupes de travail ad hoc pour chaque question avec pour mission : faire l’inventaire des faits sur lesquels vous êtres d’accord. Les groupes de travail ont été constitués en appliquant deux règles : chaque membre devait être un expert compétent dans le domaine traité et dans chaque groupe il devait y avoir des experts déclarés favorables et des experts déclarés défavorables au nucléaire.

Résultat remarquable : la méthode a prouvé son efficacité. Un inventaire des faits sur lesquels tous les experts étaient d’accord a pu être documenté – et publié – sans désaccord. Il faut dire que la méthode était exemplairement honnête et rigoureuse :

 « Les rapports ne présentent que des données établies scientifiquement. Lorsque les documents consultés donnent des informations divergentes, les causes du désaccord sont élucidées et seules les données dûment justifiées sont pris en considération. Enfin, si un problème ne peut encore être résolu de façon certaine avec les moyens actuels, l’information est fournie en faisant état de son incertitude ou des lacunes qu’elle contient, et, parfois, accompagnée de recommandation au sujet des recherches qui sont encore nécessaires. » (Extrait des consignes de travail)

Mais, impact sur le débat politique et médiatique proche de zéro. Lors de la sortie de ces rapports : seuls de rares initiés ont vu ce qui se passait. Puis en 1984, Energie Ouest-Suisse (EOS) a fait campagne contre la 2e initiative populaire pour un abandon du nucléaire en utilisant les Rapports de la SHSN : sur le thème « soyez pour, soyez contre, mais soyez informés » elle a publiés des annonces publicitaires proposant la collection des Rapports de la SHSN au public comme base de faits, au-dessus de tout soupçon puisque établie avec l’accord d’adversaires. La presse de l’époque a ignoré la démarche. Il n’y a eu aucune interview des rédacteurs de ces rapports.

 

2e tentative : le projet « Technology Assessment » du Conseil Suisse de la Science (https://www.ta-swiss.ch/TA29_1998f.pdf )

À l’origine une réflexion et un constat très pertinents de ce Conseil : on ne sait pas comment élaborer la documentation destinée aux Parlementaires sur les objets nécessitant de l’information scientifique. Les thèmes visés par cette démarche étaient le nucléaire et le génie génétique (OGM),  reconnus comme les grands thèmes sur lesquels la science et la société avaient de la peine à se comprendre. Si on demande aux promoteurs des projets concernés, ils seront juge et partie. Si on demande aux opposants, peu de chance aussi, par symétrie, d’avoir une information objective. Et si on demande aux experts de l’administration fédérale, ils sont censés être à la fois neutres politiquement et rigoureux sur le plan scientifique. Les pères de ce projet ont alors poussé la lucidité jusqu’à reconnaître que certains services de l’Administration pouvaient manifester des attitudes partisanes et militantes.

Malheureusement ce projet a par la suite dévié de son objectif pourtant bien pensé. Comment ? En passant à un exercice particulier : la Conférence de citoyens. C’est l’équivalent des jury populaires des tribunaux dans le domaine politique. Problème : un jury populaire s’attaque à la question de « comment décider à partir d’une base de faits donnée », mais pas à la question de départ, c.à.d. « comment établir la base de faits », question qui n’a donc finalement pas été traitée.

Rem. : l’OFEN avait remis une documentation à ce jury populaire. Pièce maîtresse : un tableau comparatif des kWh d’origine différentes (renouvelables, nucléaire, fossiles) pour les principaux critères (coût, ressource, impacts, risques, etc, …). Ce tableau était blanc (cases vides). Le responsable de l’OFEN explique : si nous avions donné l’information, cela aurait influencé l’opinion des participants. Nous n’en n’avons pas le droit…(voir commentaire au point suivant).

 

3e tentative : Une étude de littérature sous mandat de l’OFEN.

(Literaturstudie zu den kritischen Fragen und Antworten der Kernenergienutzung. Im Auftrag des Bundesamtes für Energie, 2009, BSS Volkswirtschshaftliche Beratung, Basel)

Cette étude de littérature sur l’énergie nucléaire suit d’abord avec rigueur une démarche de qualité. L’étude dresse d’abord la liste des questions controversées, puis sur deux colonnes les réponses des uns (pro) et des autres (anti) aux questions controversées. Ensuite l’étude rassemble et analyse toutes les références de la littérature scientifique sur ces questions et leurs réponses. 1er constat des auteurs : toutes les réponses, même contraires, ont une référence dans la littérature scientifique. 2e constat, cette situation étonnante s’explique par des différences de qualité et de profondeur des analyses de la littérature. Le lecteur espère alors enfin savoir quelles sont les réponses valables. Déception : l’étude annonce qu’elle ne peut donner cette information, au motif que « cela influencerait les opinions, ce que la Confédération n’a pas le droit de faire ». Et l’étude s’arrête là.

En clair : l’administration fédérale prétend donc que la meilleure information spécialisée qu’elle ait le droit de donner est…l’ignorance ! Une bonne information qui trierait le vrai du faux lui est interdite, au motif déjà évoqué plus haut que cela influencerait l’opinion. En disant cela, les experts de la l’administration trahissent la mission pour laquelle ils existent. De plus cette déclaration est un monument d’hypocrisie, si on connaît les multiples interventions à caractère partisan dont l’administration est capable. On peut même se demander, dans le cas où les « bonnes » sources de la littérature avaient confirmé les positions des antinucléaire, si la Confédération aurait  eu des scrupules à le dire et à influencer l’opinion.

 

Conclusions.

Climat, nucléaire, transition énergétique, agro-chimie et- biologie, finitude des ressources sont des questions qui ont des conséquences pratiques directes, et peut-être douloureuses, sur les plans sociaux et économique, en clair sur notre bien-être et notre niveau de vie. Ces questions sont liées à des réalités scientifiques complexes, controversées, corrélées en bonne partie et généralement mal comprises. Le courant politique et médiatique dominant prend position massivement dans un sens pessimiste et catastrophiste : le progrès technique serait une illusion et le progrès socio-économique, pour améliorer le niveau de vie, serait dangereux pour l’environnement.

Pourtant si on analyse de plus près, si on gratte derrière les idées reçues, en particulier en s’aidant des connaissances scientifiques disponibles, on constate que les raisons d’espérer dans un avenir meilleur existent et que le grand pessimisme ambiant n’est pas justifié par une saine et lucide approche scientifique. Mais ces analyses scientifiques sont le fait de petites associations sans pouvoir politique et largement ignorés des médias. Comme expliqué plus haut :

  • d’une part les grandes associations professionnelles se sont retirées du débat. Exemple frappant : la débâcle de l’hydraulique menace un patrimoine à la fois précieux et publique, sans que la branche électrique ne s’explique de manière forte et crédible devant les citoyens-propriétaires. La branche ne s’explique ni sur les causes, ni sur les remèdes.
  • D’autre part les institutions scientifiques comme les universités, les Hautes écoles et les Académies des sciences, se sont démobilisées et depuis l’exercice de la SHSN n’essaient plus de clarifier les controverses scientifiques. Au contraire elles semblent soutenir une forme d’obscurantisme qui favorise le courant politique et médiatique dominant. En se contentant des récompenses reçues en termes d’approbations des sujets d’enseignements et de recherche proposés (et des budgets qui vont avec).
  • Un exemple anecdotique : lors d’un séminaire à la faculté des géosciences de l’UNIL consacré à la finitude des ressources, un slide révélateur résume l’état d’esprit : « n’oubliez pas que cette question n’est pas technique, mais morale». Or il faut bien commencer par la question technique, à savoir l’inventaire des ressources et leur adéquation avec l’évolution de la population et de sa consommation. Ensuite bien sûr, il s‘agit d’évaluer les faisabilités et les contraintes. Des questions politiques, et morales pourront alors émerger. Mais ce slide ne dit pas cela : en clair il dit que nous les géosciences, nous ne ferons pas les calculs préalables, donc pas de science sur ces questions, nous ferons de la morale. Une morale qui fait peur.
  • enfin, l’exemple des tentatives non abouties de l’Etat et des administration en matière de vérification des connaissances sur le nucléaire tendent à montrer une grave incapacité tant opérationnelle qu’intellectuelle à maîtriser un bon usage des connaissances scientifiques existantes, et bien réelles.

Suite à toutes ces controverses de nombreux scientifiques tentent de développer des analyses rationnelles rigoureuses de la réalité, pour s’assurer de l’état véritable des connaissances. Et aussi pour éviter de se perdre dans les faux problèmes et se concentrer sur les vrais. Mais leurs analyses restent écartées, noyées dans le flou des controverses.

Le bref historique des vérifications tentées dans le domaine du nucléaire montre deux choses. L’une, positive, qu’avec méthode et rigueur on peut élucider une controverse scientifique et établir un inventaire des connaissances reconnues par tous. L’autre, négative, que les plus hautes instances responsables, l’État et les Académies des sciences, n’ont pas la volonté de pousser les analyses jusqu’à élucider les controverses. L’État lui-même en fait l’aveu avec cette déclaration qui tient de la tautologie : « nous ne pouvons pas vous donner la bonne information, parce qu’elle modifierait les opinions, et nous n’en n’avons pas le droit ». Quant aux Académie des sciences, et hautes écoles, la raison semble être la politisation du milieu académique. Beaucoup de représentant du monde académique préfèrent dire le Bien et le Mal, ou leurs préférences, plutôt que la connaissance qui indiquerait le juste et le faux..

Alors d’où attendre le secours ?

Est-ce que des sages, en dehors des grandes institutions qui se révèlent défaillantes, pourraient réveiller les consciences et relancer une approche rationnelle et scientifique des controverses. Les vrais problèmes vont à eux seuls nous demander beaucoup d’énergie et de moyen. Il vaudrait vraiment la peine d’écarter les faux problèmes.

Quels sages ? Sont-ils prêt s à se mobiliser ?

 

En prime : cette déclaration de Jeanne Hersch, qui avait déjà en 1986 tout vu venir :

« J‘estime que propager la conviction que nous sommes proches de la fin du monde, ou que les pires catastrophes nous menacent, est plus dangereux que l‘énergie nucléaire.

Car notre jeunesse en souffre déjà.  Combien de jeunes ont le sentiment de ne pas avoir de futur, que rien ne les attend plus, qu‘ils se trouvent devant une fin de l‘histoire ?

Lorsque quelqu‘un prétend que l‘on pourrait améliorer ceci ou cela, pour empêcher cette évolution négative, cela rend les gens furieux: ils ont besoin de la catastrophe, ils veulent la catastrophe ! »

Source : J. Hersch, « L’énergie au service de l’humanité » https://www.e-periodica.ch/digbib/view?pid=bts-003:1987:113::210#1311

 

Sites Internet

Associations de scientifiques qui essaient de promouvoir l’analyse rationnelle :

  • Le collectif STA (Science – Techniques – actions), une amicale française de scientifiques de l’énergie, de l’agroalimentaire et du climat en faveur d’une information scientifique de qualité : https://sciencetechaction.tumblr.com/

 

  • L’association Carnot-Cournot-Netzwerk qui regroupe des scientifiques suisses de l’agroalimentaire et de l’énergie (plutôt suisse-alémanique): Le https://www.c-c-netzwerk.ch/

 

  • Le Energie Club Schweiz qui regroupe des anciens experts de l’énergie (plutôt suisse-alémanique): : https://www.energieclub.ch/

 

  • Le ClubEnergie2051 qui regroupe des experts anciens de l’EPFL, de l’administration et de la branche électrique (plutôt romand) : https://clubenergie2051.ch/

 

 

 

 

Quelques références en relation avec le tableau des controverses.

Le tableau affirme, mais ne démontre pas beaucoup. Il faudrait plusieurs articles, voire des bibliothèques pour analyser chaque case du tableau. Ci-dessous quelques références, non exhaustives, pour donner un aperçu des idées en présence.

 

Collapsologie :

  • Pablo Servigne & Raphaël Stevens « Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes »:

COMMENT TOUT PEUT S’EFFONDRER 2015

https://pabloservigne.com/comment-tout-peut-seffondrer/

 

Critique de la collapsologie :

Jean-Paul Oury « Six bonnes raisons de donner raison à la Raison » dans Enlightenment now, de Steven Pinker, première partie :

https://www.europeanscientist.com/fr/editors-corner-fr/six-bonnes-raisons-de-donner-raison-a-la-raison-dans-enlightenment-now-de-steven-pinker-premiere-partie/

2e partie :

https://www.europeanscientist.com/fr/editors-corner-fr/resister-a-la-collapsologie-avec-enlightenment-now-de-steven-pinker-deuxieme-partie/

 

Changement climatique :

  • Richard Lindzen «Science du Climat : est-elle, de nos jours, apte à répondre aux questions ? »

http://www.pensee-unique.fr/LindzenVF1.pdf

 

  • Suzette Sandoz « Le courage de l’avenir »

https://blogs.letemps.ch/suzette-sandoz/2019/03/16/le-courage-de-lavenir/

 

Finitude des ressources :

  • Max Falque « Climat : une seule planète suffira »

https://www.climato-realistes.fr/climat-deuxieme-planete-pas-necessaire/

 

Controverses scientifiques :

  • Géral Bronner, interview sur « la crise de l’expertise »

https://www.rts.ch/play/radio/tout-un-monde/audio/crise-mondiale-de-lexpertise-interview-du-sociologue-gerald-bronner?id=10083668

 

Dans le contexte de l’agrochimie, la judiciarisation de la science :

  • Philippe Catier « Et maintenant, les tribunaux jugent la science ! »

https://www.contrepoints.org/2019/03/18/339558-et-maintenant-les-tribunaux-jugent-la-science

(à suivre)

 

Post Scriptum

Pas de malentendu. L’idée que je défends ici est que la démarche scientifique est utile pour élucider les controverses, et qu’elle le peut, avec un effort de rigueur, pour trier les vrais des faux problèmes. Ce n’est pas une forme de scientisme. Le scientisme est une posture arrogante qui prétend que la science peut tout résoudre, et seule. Il ne s’agit de cela ici. Il s’agit au contraire de cultiver l’humilité indispensable au scientifique toujourd soucieux de cette question qui revient sans cesse: ce que je sais correspond-il vraiment à la réalité ou n’est-il que le reflet de mes préférences? Cette question oblige à pousser sans cesse la connaissance scientifique dans ses derniers retranchements, et à suivre ceux qui sont à la pointe de cette recherche.

 

 

 

JFD / 10-03-2019

 

 

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5 commentaires pour Le catastrophisme à la mode.

  1. Ping : Stephen Pinker : la collapsologie ne résiste pas à l’analyse. | clubenergie2051.ch

  2. Ping : L’écologie politique: des critiques sévères. | clubenergie2051.ch

  3. Un rapide commentaire au premier bloc du tableau :

    Il n’y a guère qu’en mathématique qu’une preuve ou une démonstration au sens strict peut être apportée. Ailleurs, seul un degré de vraisemblance plus ou moins élevé peut être avancé.

    Pour le question climatique, l’impact du CO2 ajouté depuis un siècle à l’atmosphère sur la température de cette dernière semble assez solidement étayé. Les positions scientifiques discordantes ne sont pas très convaincantes, par manque ou faiblesse de traitement quantitatif sérieux et complet.

    Ce qui semble plus problématique est du coté des conséquences, plus difficiles évaluer à long-terme. Les avis péremptoires doivent être considérés avec beaucoup de précautions.

    Quand aux remèdes, les problèmes sont du côté politique. Les meilleures mesures de réduction de la production de CO2 sont souvent peu prioritaires pour des raisons idéologiques. Le plus important travail à faire se trouve là. Ensuite, l’échelle de temps d’action demanderait une approche construite.

    • jf.dupont dit :

      Je continue à penser que si la communauté scientifique voulait vraiment élaborer un état des connaissances sur le climat, avec la même rigueur que celle de la SHSN sur l’énergie nucléaire, elle aboutirait soit 1) à la responsabilité de l’homme, soit 2) à sa non responsabilité, soit enfin 3) à l’existence d’une incertitude. Mais une partie qui dit a) et l’autre b) indique pour moi que la communauté scientifique ne fait pas le job de vérification qu’on attend d’elle.

      Par ailleurs on a souvent entendu du côté du GIEC une évaluation selon laquelle la responsabilité de l’homme serait certaine à 80 ou 90 %. Sur ce %-age de responsabilité de l’homme, et son origine, cet interview de Stanislas de Larminat est très révélateur:

      t = 2:55 à 5:40

      Le point qui me préoccupe est que les grandes institutions responsables de définir l’état des connaissances scientifiques, à savoir les académies des sciences et aussi L’État, qui les a fondée, n’ont pas la volonté de pousser les analyses jusqu’à élucider les controverses. Résultat pour l’opinion: une grande confusion, beaucoup d’angoisses. Et le risque social et politique, que la violence l’emporte sur le savoir.

  4. Voici une immense réflexion scientifique et éthique dont les arguments sont non seulement fondés, mais étayés par des exemples précis. L’auteur, issu de milieux favorables au nucléaire civil, prend toutefois de grands risques en s’aventurant dans des domaines moins connus, ainsi cette notion de collapsologie chère au prof. Dominique Bourg… De plus, la science ne permet pas toujours de vérifier que ses propres affirmations sont conformes à la réalité. Ce sont d’abord des hypothèses.
    « L’hypothèse est mon bras droit », déclarait déjà Johannes Kepler (1571-1630). Cette forme d’humilité est devenue une denrée rare aujourd’hui.
    En conclusion, cette approche est remarquable par le fait qu’elle résiste à ce catastrophisme ambiant et les enjeux politiques qui en découlent.

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