Notre avenir énergétique – demain, en 2050 et au delà – ne sera assuré que par l’addition de toutes les formes d’énergie, sans en idéaliser ni en diaboliser aucune
M. Roger Nordmann, cité dans Le Tempsdu 28 mai 2019, évoque un potentiel photovoltaïque (PV) de 50 GW pour la Suisse, soit une surface de 300 km2 et une énergie produite de 48 TWh/an (milliards de kWh par an), dont 32 TWh en été et 16 TWh en hiver. Admettons déjà la moitié ! Soit une puissance installée de 25 GW qui produirait 24 TWh/an (à peu près l’équivalent de l’électricité nucléaire actuelle), soit 16 TWh en été et 8 TWh en hiver. L’hydraulique (37 à 39 TWh/an) de son côté fournit 21 à 22 TWh en été et 16 à 17 TWh en hiver. En regard, la demande de la consommation nationale est de 62 TWh/an, soit 28 TWh en été et 34 TWh en hiver. Sans plus de nucléaire (24 TWh en moins), il faudra trouver autrement 6 à 7 TWh en été et 17 à 18 TWh en hiver. La production PV de précisément 24 TWh serait excessive de 9 à 10 TWh en été et insuffisante de 9 à 10 TWh en hiver. Il faudrait donc au minimum stocker ces 9 à 10 TWh d’excès estival pour en disposer en hiver.
Pompage turbinage ? Par exemple, la Grande Dixence : ses 2 TWh seraient turbinés en continu en 1’000 heures, soit en seulement 40 jours. Il faudrait disposer de 4 à 5 nouvelles Grandes Dixences !
Batteries ? Celles à lithium-air, les plus efficaces en matière de densité d’énergie, auraient la plus grande capacité théorique limite de 11 kWh(th)/kg de lithium (pratiquement pas plus de 3,5 kWh(él)/kg). Cela représente un parc de batteries avec 800 à 900’000 tonnes de lithium ! En regard, la production mondiale de lithium a été de 85’000 tonnes en 2018.
Fabriquer de l’hydrogène ou du méthane ? La chaîne de conversion, dite « power-to-gas-to-power (P2G2P) », a un rendement de 44% (hydrogène) et de 38% (méthane). Pour disposer de 9 à 10 TWh en hiver, il faudrait avoir un excès de 20 à 26 TWh en été…
En conclusion : aucune combinaison des trois solutions n’est réaliste.
Le catastrophisme ambiant (https://clubenergie2051.ch/2019/03/10/le-catastrophisme-a-la-mode/ ) incite beaucoup de commentateurs à voir le salut dans l’écologie politique. Les écologistes seraient devenus les (seuls) sauveurs de la planète. Et, dans la perspective des élections fédérales de cet automne, malheur pour les partis politiques qui ne repeindraient pas rapidement leur maison en vert.
Réflexions à propos de quelques enjeux politiques actuels majeurs et de quelques controverses scientifiques qui y sont liées.
Climat, transition énergétique, agrochimie, finitude des ressources, etc… font l’objet de grands débats et de non moins grandes controverses scientifiques. Un fort courant dominant médiatique et politique répond systématiquement de manière pessimisteà ces controverses, ne cherche pas à les élucider. La mode est de prédire l’apocalypse.
C’est le message clair et bien étayé de trois articles récents :
L’interview de Jean-Marc Jancovici par Adrià Budry Carbó dans Le Temps du 24-02-2019 qui déclare qu’il faudra choisir entre « Le nucléaire ou la décroissance » Nucléaire ou décroissance JM Jancovici LT 22-02-2019
Il y a surtout cet article du dernier Flash nucléaire « Le «tabou» qui rendra possible une politique climatique efficace »
Ce 3e article est bien argumenté sur la base du livre«A Bright Future» , de Joshua Goldstein et Staffan Qvist, qui a fait la première page de la «NZZ am Sonntag»
Le diamant et le graphite: deux formes du carbone.
Jacques Deferne est l’invité de ClubEnergie 2051 pour une petite escapade au pays du carbone. En cette période où une bonne partie de l’actualité focalise – voire dramatise – sur le tandem climat-CO2, nous avons été séduits par cet article qu’il vient de consacrer au carbone sur son site www.kasuku.ch.
Le 21 janvier 1969, le réacteur de la centrale nucléaire de Lucens subissait une grave avarie. Il n’y a pas eu de contamination grave, ni pour le personnel, ni pour les environs. Mais le réacteur était hors service et fut démantelé.
Le parc éolien de Saint-Brais a souvent défrayé la chronique à cause de nuisances sonores dénoncées par les habitants du village et minimisées par l’exploitant du parc et Suisse-Eole. Durant été 2017, des dentelures ont été installées sur le bord arrière des pales pour réduire le taux de turbulences de l’air et diminuer les émissions sonores. Mais un bridage de la machine la plus proche du village a été supprimé. Les polémiques ont persisté. Les habitants disent n’avoir perçu que peu ou pas d’amélioration alors que Suisse-Eole et les promoteurs laissent entendre que le bruit est diminué de moitié. Cette note tente de clarifier les points litigieux.
Une note accessible ici : note_bruit tente de clarifier les points litigieux. On y trouvera les relations entre quantités physiques et acoustiques nécessaires. Le cas de Saint-Brais est discuté en détail, à la lumière d’une étude et de mesures sonométriques récentes qui ont permis de quantifier les changements d’émissions.
L’installation de dentelures à remplacé un bridage nocturne par vent fort, pour un bilan d’émission sonore essentiellement nul.
En conclusion, alors que Suisse-Eole laisse croire à une réduction de nuisance sonore d’un facteur deux, nous montrons que ce n’est pas le cas. L’installation de dentelures à remplacé un bridage nocturne par vent fort, pour un bilan d’émission sonore essentiellement nul.
Et si la différence avec et sans dentelures (hors bridage) est bien une réduction de puissance sonore d’un facteur deux, le niveau sonore perçu par l’oreille humaine n’est diminué que de 19% par sa nature non-linéaire.
Le seul gain de l’opération est la disparition du bridage qui augmente la production du parc. C’est au bénéfice de l’exploitant du parc, ce qui n’est pas illégitime. Mais pas à celui des habitants comme ses dirigeants et Suisse-Eole le laissent croire.
Contribuer à informer et à expliquer factuellement aux citoyens, ainsi qu'aux entreprises de notre pays, quels sont les enjeux et les conséquences d'une politique énergétique sur l'approvisionnement, la sécurité du fonctionnement et les coûts.