La gestion de la crise, sanitaire et économique, du Coronavirus est avec raison prioritaire. Mais des réflexions émergent déjà pour dire que les anciens débats sur l’environnement, le climat ou l’énergie vont revenir à la une des priorités. Les propositions seront, comme avant, partagées entre deux tendances : une tendance pessimiste face aux problèmes qui choisit de réduire notre niveau de vie et une tendance optimiste préférant des solutions constructives pour maintenir et renforcer notre bien-être. Pour simplifier : faut-il baisser les bras ou se retrousser les manches ?
Après le coronavirus, quid des querelles sur le climat et l’énergie ?
Electricité : l’Allemagne sort du charbon – Fort lentement
Ne manquez pas la dernière Lettre géopolitique de l’électricité de Lionel Taccoen à lire sur http://www.geopolitique-electricite.fr/newsletters/YjYxMDczY2FmNDlm/-Electricit%C3%A9%20l%27Allemagne%20sort%20du%20charbon%20Fort%20lentement.pdf
À noter, le site de Lionel Taccoen : https://www.geopolitique-electricite.fr/
« Fermer une centrale nucléaire au nom du climat est une imposture » — Pour Jean-Marc Jancovici, il n’y a pas de transition énergétique en France
Jean-Marc Jancovici est polytechnicien, associé co-fondateur de Carbone 4, cabinet de conseil spécialisé dans la transition vers une économie décarbonée et l’adaptation au changement climatique, fondateur et président de The Shift Project, « think tank de la décarbonation de l’économie« , professeur à Mines ParisTech, membre du Haut Conseil pour le climat, et auteur de sept livres de vulgarisation sur l’énergie et le climat.
Quelques citations en guise de liminaire :
« Supprimer du nucléaire, physiquement supérieur aux énergies diffuses et non pilotables que l’on veut mettre à la place, c’est se distraire sur un objectif accessoire pendant que nous ne faisons rien sur l’objectif principal. C’est donc augmenter l’instabilité future. »
En termes de matériaux, « le nucléaire nécessite, selon ce que l’on considère (ciment, cuivre, acier, etc), jusqu’à une centaine de fois moins de quantités par kWh produit que le solaire et l’éolien. »
« Selon les chiffres de l’ADEME (Agence française de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), qui n’a pas vraiment pour habitude de soutenir le nucléaire, le nucléaire produit 6 grammes de CO2 par kWh électrique, contre 10 grammes pour l’éolien, 50 grammes pour le photovoltaïque, entre 50 et 200 grammes pour les technologies de stockage nécessaires pour augmenter la part des énergies renouvelable non pilotables dans le mix électrique, 400 grammes pour une centrale à gaz moderne, 800 grammes pour une centrale à charbon moderne, 1’000 grammes pour une centrale à charbon moyenne du parc installé. »
Le gouvernement français procède actuellement à la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. L’argument invoqué ? L’écologie. Comment ? En réduisant la part du nucléaire dans notre production d’électricité. Une « imposture » pour Jean-Marc Jancovici, qui explique pourquoi l’énergie nucléaire est la plus sûre et la plus respectueuse de l’environnement.
Jean-Marc Jancovici est un expert incontestable – et craint – de la transition énergétique.
Il dénonce aujourd’hui le fait que la France n’a aucune véritable stratégie dans ce domaine si ce n’est de remplacer de l’électricité nucléaire, qui émet peu de CO2, par de l’électricité renouvelable, qui émet peu de CO2. Une imposture.
Nous donnons ici le lien vers cette interview de Jean-Marc Jancovici par Étienne Campion, parue dans Marianne du 3 mars 2020 et reprise sur son site.
Fessenheim 1, merci pour 43 années d’électricité bas-carbone !


Avant…. Après…. : une puissance disponible de 913 MW en moins (soit au moins 6 TWh de production annuelle en moins !)
Nous donnons ici le lien vers la newsletter spéciale des Voix du nucléaire concernant l’arrêt définitif du réacteur Fessenheim 1 ce samedi 22 février 2020, suite au décret du 19 février du Gouvernement français retirant l’autorisation d’exploitation de cette centrale nucléaire. L’autre réacteur, Fessenheim 2, sera arrêté le 30 juin.
Fessenheim : témoignage d’un Alsacien
Témoignage de Jean-Marie Arnaudiès à l’occasion du 22 février 2020, jour de la fermeture définitive de l’unité no 1 de la centrale nucléaire de Fessenheim, et à l’occasion de la manifestation publique de protestation prévue ce même jour par des professionnels du nucléaire.
Fermeture de Fessenheim : « Un gâchis industriel et un non-sens écologique »
ClubEnergie2051 relaie le communiqué de presse publié par le collectif scientifique STA à propos de la fermeture le 22 février de la centrale nucléaire de Fessenheim. Nous partageons l’indignation exprimée pour cette fermeture par STA qui dénonce « Un gâchis industriel et un non-sens écologique »
Un discours passé sous silence lors de la COP 25 à Madrid en décembre 2019
Le nouveau directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA / IAEA) à Vienne, Rafael Mariano Grossi, en charge depuis le 3 décembre (suite au décès le 18 juillet 2019 du 5e directeur général, Yukiya Amano), s’est déjà exprimé lors de la COP 25 le 10 décembre à Madrid. Nous reproduisons ici son discours donné en anglais.
Director General Rafael Mariano Grossi. (Photo: J. Donovan/IAEA)
L’hydrogène, l’éternelle illusion
Original par Romary sur Wikipédia français.
C’est bien volontiers que nous reprenons ici l’article publié le 8 janvier 2020 dans Contrepoints par Michel Gay et Samuele Furfari. Nous ne partageons pas toutes les réserves des auteurs sur l’hydrogène comme agent énergétique, mais nous estimons que cette présentation de la problématique mérite d’être connue. Un aspect environnemental important, non traité ici, est celui des fuites potentielles de ce gaz subtil et très léger, et, par là, des effets de son action sur la couche d’ozone stratosphérique du fait de sa grande affinité avec ce gaz.
Aujourd’hui, le regain d’intérêt pour l’hydrogène, suscité par la médiatisation de la transition énergétique, entretient une illusion persistante, perçue comme étant devenue une réalité mais le mur des coûts est solide.
La calculette faussée de Mme Sommaruga
«Nous avons besoin de produire plus d’électricité propre en Suisse … Nous dépensons chaque année des milliards de francs pour acheter du pétrole et du gaz chers à l’étranger».


