© 23 avril 2017. Michel de Rougemont

Nous reprenons bien volontiers l’article percutant que M. Michel de Rougemont a publié le 24 avril 2017 dans Les Observateurs.


Nous reprenons bien volontiers l’article percutant que M. Michel de Rougemont a publié le 24 avril 2017 dans Les Observateurs.
Vous trouverez ici le lien vers le Bulletin de Mars 2017 de l’association .energiesuisse.net
Le 2 avril 2017
Chers lecteurs,
Dans quelque six semaines, les citoyens se prononceront sur la nouvelle loi sur l’énergie, la loi qui fut adoptée par le Parlement en septembre dernier. Les mesures proposées entraîneraient de sérieuses conséquences pour notre pays. La Stratégie énergétique incorporée dans cette loi met en danger l’approvisionnement de la Suisse en énergie, et l’expose à de sérieux risques économiques en imposant des contraintes difficiles par un rationnement effectif de l’énergie disponible sur les places de travail et dans les foyers. Une vaste alliance d’organisations économiques et de politiciens concernés a compris le danger; ils rejettent résolument cette stratégie énergétique.
Les médias et les promoteurs de la loi veulent souvent nous faire croire que toute l’industrie, que toutes les PME de ce pays, que toute la branche électrique, que tout le monde politique et que tous les écologistes de bon aloi chantent à l’unisson les beautés de la Stratégie énergétique de la Confédération. IL N’EN EST RIEN. Dans ce numéro, nous donnons la parole à ceux qui se sont déjà prononcés contre le projet de loi: La moitié des entreprises électriques suisses, le gros de l’industrie qui fait la prospérité de ce pays et encore des écologistes qui gardent les pieds sur terre.
Accès au bulletin : bulletin_ech.net_mars_2017
Bonne lecture, et allez voter NON le 21 mai,
Bruno Pellaud, Vice-président, energiesuisse.net
Le projet de loi appelé Stratégie énergétique 2050 sur lequel nous nous prononcerons le 21 mai n’est ni un tournant énergétique, ni une réforme énergétique, mais plutôt un cul-de-sac énergétique, voire une tragédie énergétique…
Une trentaine d’organisations et d’institutions soutiennent le référendum à son encontre. Nous reprenons ici la position de l’une d’entre elles, Alliance Énergie qui poursuit ainsi sa campagne pour le NON le 21 mai.
À lire :
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Le journal Le Temps a largement ouvert ses pages aux défenseurs de la Stratégie énergé- tique 2050. À chaque fois, une pleine page a été accordée, le 13 mars, au directeur de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) Benoît Revaz et, le 31 mars, à la Conseillère fédérale Doris Leuthard. Rien d’équivalent n’a (jusqu’ici …) été offert aux adversaires de cette stratégie. Nous avons réagi chaque fois aux deux interviews par des lettres de lecteur qui, elles non plus, n’ont (pour l’instant …) eu l’heur d’être publiées. Nous les donnons ici.
Lionel Taccoen dans sa dernière
Lettre « Géopolitique de l’Electricité » de mars 2017
décrit la crise de l’électricité que l’Etat d’Australie du Sud traverse actuellement. La Société Européenne de Physique a indiqué que l’intégration de sources intermittentes (solaires et éoliennes) deviendrait « plus difficile » lorsque leur part dans l’électricité dépasserait « 30 à 40% ». Ce que confirme la situation en Australie du Sud.
Les coupures d’électricité se sont succédées depuis six mois, exaspérant la population et perturbant les entreprises. Le Gouvernement de l’Etat a présenté le 13 mars un Plan d’urgence dont la priorité est la construction de centrales à gaz. Une partie sera propriété de l’Etat. A l’échelle de la France , ce seul apport public correspondrait à une capacité supérieure à cinq réacteurs EPR type Flamanville. A construire de toute urgence. Ce Plan doit répondre à la crise lors du prochain été austral 2017-2018. Les prochaines élections ont lieu à la sortie de cet été, fin mars 2018.
L’Office du Marché de l’Energie Australien, sans se prononcer sur ce Plan, prévoit pour l’Etat d’Australie du Sud 125 jours de pénuries d’électricité d’ici à deux ans et de fortes probabilités de coupures, programmées ou non lors du prochain été austral.
Source :
P. Multone, 27 mars 2017.
Que ce soit une interdiction a priori ou une introduction forcée de technologies, cela ne contribue pas à préparer sereinement les éléments constitutifs de notre futur système énergétique et oblige une partie de la population à supporter des coûts très importants qui ne lui profiteront pas.
Les réserves prouvées de combustibles, charbon, pétrole, gaz, qui couvrent environ 80 % des besoins mondiaux en énergie sont suffisantes pour les 40 à 50 prochaines années. Les réserves techniquement utilisables et les réserves ultimes pour le seul charbon sont suffisantes pour 300 ans au rythme de notre consommation énergétique annuelle et mondiale d’aujourd’hui. Pour l’uranium, avec les futures technologies, dites de 4e génération, les réserves suffisent pour plus de 6000 ans, sans parler du thorium ou de la fusion nucléaire…
Les prochaines décennies ne verront donc pas de pénurie dans le domaine de l’énergie, mais le coût de l’énergie restera un facteur clé dans l’économie mondiale. Cela d’autant plus pour les pays européens et la Suisse, car si les pays qui se développent rapidement font appel aux énergies les « meilleur marché » (le charbon est globalement le combustible le meilleur marché), ils bénéficient d’un coût de main d’œuvre inférieur à celui des pays occidentaux et possèdent ainsi un avantage compétitif certain.
Cela n’a pas échappé aux gouvernements allemand et suisse ! Lire la suite
C’est sous ce titre, tel que publié dans la version imprimée du journal du 24 mars 2017, mais pas sur le site Le Monde, que le physicien Jacques Treiner, membre du conseil scientifique du Think tank « The Shift Project » (voir le site) et de l’Association « Sauvons le climat » (voir le site), dénonce l’opposition − qu’il qualifie de manichéenne − entre énergies renouvelables et énergie nucléaire qui sont au contraire complémentaires.
Bien que cette question du futur énergétique soit ici posée dans le contexte de l’élection présidentielle en France, elle est est également présente dans le débat actuel en Suisse sur la Stratégie énergétique 2050 …
J.Bernard Jeanneret, le 22 mars 2017.
Pour une version pdf de l’article : incert_cout_elec_2050_V7
Le peuple suisse votera le 21 mai 2017 sur la nouvelle loi sur l’Energie – (LEne-2016, [ref.1]). Cette loi concrétise partiellement la Stratégie Energétique du Conseil Fédéral pour 2050 (SE2050). Elle dit en particulier que le subventionnement actuel des énergies renouvelables (RPC) sera interrompu après six ans. Une autre loi, constitutionnelle et dite d’incitation, qui fixe les règles d’encouragement au moins jusqu’en 2035 sinon 2050, devait lui être adjointe. Il était même prévu que le peuple voterait sur les deux lois simultanément. Mais, curieusement, le 8 mars 2017 le Conseil National à suivi la recommandation de sa Commission de l’Energie et refusé d’entrer en matière sur cette 2ème loi [ref.2].
Nous allons donc voter le 21 mai sur une stratégie énergétique qui s’étend sur trente-trois ans, alors que
Les propos du conseiller national Yannick Buttet dans Le Temps du 11 février 2017 sur l’énergie nucléaire sont déplacés. Par ses insinuations il fait un amalgame inacceptable entre l’usage pacifique de cette énergie et son application militaire. Il jette un discrédit sur le Conseiller fédéral socialiste Willy Spühler et par là sur tout le Conseil fédéral de l’époque qui décida en 1963 que la Suisse se lancerait dans l’électronucléaire pour éviter de produire son électricité avec des centrales à pétrole. Ce choix judicieux aura permis à la Suisse de disposer de mille milliards de kWh produits proprement. De plus, nos centrales nucléaires assurent un rôle de garantie de puissance de base dans la durée.
À lire son dithyrambe de la Stratégie énergétique 2050 (SE 2050), M. Buttet pense que le nouveau renouvelable sera la panacée, mais il ne précise pas comment, sans importation ou production fossile, sera garantie la demande électrique en puissance nécessaire à chaque instant. On doit en effet assurer non pas tant une énergie (en térawattheures, TWh, ou milliards de kWh) qu’une puissance (en gigawatts, GW, ou milliards de watts) de façon continue, car la demande du pays (62 TWh/an, soit 7 GW en moyenne) ne descend pas en dessous de 5 GW. Avec le mix actuel idéal, nos centrales au fil de l’eau assurent 2 GW et nos centrales nucléaires 3 GW. Ni l’éolien ni le photovoltaïque aléatoires et intermittents, si largement installés qu’ils soient un jour, ne pourront garantir cette demande continue en puissance de base. Le stockage d’électricité, sous forme de gaz ou par pompage-turbinage ou par batteries, a des limites physiques.
La SE 2050 pèche gravement en négligeant de considérer les puissances nécessaires à mettre en jeu de façon soutenue pour garantir notre autonomie électrique.
Christophe de Reyff
(Lettre de lecteur publiée dans Le Temps du 20 février 2017)
Au sujet de la politique énergétique allemande et de la Suisse, une interview de Fritz Vahrenholt, ancien politicien de l’environnement et manager en entreprise énergétique, par Dominik Feusi (© Basler Zeitung, 18.02.2017)
« Avant de pouvoir compter sur l’énergie solaire et éolienne, de nouvelles technologies de stockage de l’électricité sont à développer », selon Fritz Vahrenholt.